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Bienvenue sur Home, berceau de l’humanité, quatrième planète de notre système, tournant autour des ses étoiles binaires. Depuis plusieurs milliers d’années le genre humain a prospéré, évolué, dominé. Poussant toujours plus loin les découvertes et avancées technologiques. Cela faisait déjà de nombreux siècles que notre race avait petit à petit aboli les frontières archaïques, divisant notre civilisation en communautés arbitraires, en nations imaginaires. L’avènement du Consortium avait marqué la fin de la politique, rendu obsolète les conflits territoriaux et avait fait entrer l’humanité dans son âge d’or scientifique, unie autour d’une soif insatiable de progrès.

Mais l’expansion constante des technologies et les besoins exponentiels en énergie et ressource avaient fini par épuiser notre planète, multipliant les extinctions animales et appauvrissant dangereusement les réserves minérales. Eau, nourriture, énergie. Trois besoins si élémentaires qui ne pourraient être assurés encore longtemps pour tous.

Le Consortium savait cependant rassurer. Des centaines d’années de paix et découvertes prodigieuses nous avaient rendu confiants, dociles,… crédules. Et lorsque nos dirigeants ont annoncé le Grand Exode, révélant les Holo-projection de Hope, notre prochaine planète, nous avons exulté, applaudit. Et nous avons poursuivi notre surconsommation dévorante tandis que la Porte Orbitale était assemblée devant nos yeux émerveillés, aussi visible qu’une lune, s’élevant fièrement devant nos deux soleil.

Puis le Tillac décolla : le navire spatial le plus imposant jamais construit, emportant avec lui nombre de précieuses ressources. Son voyage jusqu’à Hope devait durer des centaines d’années. Les plus grands scientifiques du Consortium quittèrent l’atmosphère de Home, afin d’assurer la construction de la seconde porte, en orbite autour de notre prochain foyer. Plusieurs générations passeraient, mais un jour, la Porte Orbitale s’ouvrirait, et la population de Home pourrait rejoindre leur nouvel éden. Le Consortium s’était lancé dans les ténèbres de l’espace pour que leurs descendants illuminent à nouveau l’avenir de l’humanité.

Un peu plus de 300 ans s’écoulèrent et la vie sur Home devint de plus en plus périlleuse. Le seuil de ressources avait dépassé le point de non-retour, les pluies acides narguaient les populations assoiffées et les Anomalies, ces vents solaires d’une intensité ravageuse, c’étaient multipliées. L’humanité était en pleine chute. Des cultes commencèrent à révérer la Porte Orbitale sur notre monde où les dernières religions s’étaient pourtant effacées depuis plus de 1200 ans… tous avaient les yeux tournés vers les étoiles.

L’impensable se produit alors. Imperceptiblement d’abord puis effroyablement visible. La Porte Orbitale se désagrégeait. Petit à petit, inexorablement, des fragments se séparaient de sa structure et commençaient à voguer autour de celle-ci. Il fallait réagir. La mise en fonction de la Porte ne pouvait être manquée. Chaque jour passé risquait de mettre en péril la survie de la planète entière.

L’Institut dépêcha alors la mission de réparation, essayant tant bien que mal de préparer une équipe pour réparer les dommages. Mais aucune instruction, aucun mode d’emploi de la Porte n’avait été laissé en arrière par le Consortium. Comment de tels génies avait pu être si négligeant ? Il fallut plusieurs semaines pour essayer de former au mieux une équipe à l’analyse de la technologie du Consortium et l’Institut ne montrait que peu de conviction quant à la possibilité d’effectuer les réparations au cours de cette première expédition. Une seconde mission et surtout, de nombreux mois d’études et de préparations supplémentaires seront nécessaires après le retour de l’équipe analytique. Le retour de celle-ci sonna le glas de l’humanité tout entière.

La Porte Orbitale était vide. Pas un circuit imprimé, pas une source d’énergie, absolument rien. Le Consortium avait bâtit un gigantesque et inutile leurre afin de garder notre regard fixé vers lui pendant qu’il emportaient les dernières ressources planétaires pour sauver une fraction sélectionnée de la population… et nous les avons applaudi pour ça.
Aucune trace de la planète Hope, aucun itinéraire. Nous sommes seuls.
Bienvenue sur Home, tombeau de l’humanité.