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Les Raiders

Home a toujours été une planète hostile. Les anomalies, de violentes tempêtes solaires, restreignent considérablement le bon développement de la vie. Détruisant récoltes et forêts, soulevant les mers pour les envoyer avec fracas sur des terres où elles ne s’étaient jamais aventurées, stoppant brusquement les technologies humaines et provoquant des maladies cellulaires et cardiaques. Une ville sédentaire humaine doit prévoir des réserves d’énergie conséquentes pour pouvoir survivre pendant l’inévitable tempête qui frappera un jour ses rues. Dès lors, nombre de peuplades humaines ont toujours privilégié une vie de nomade, toujours prêtes à plier bagages lorsque les interférences apparaissent sur les canaux de communication, signe annonciateur d’une possible anomalie en formation. Quant à la production de nourriture, le défis a toujours été de taille, bien avant la Chute et la fuite du Consortium.

L’indépendance des I.A. et le décollage des Arches tira un trait définitif sur le maintien des dernières cités sédentaires. Aujourd’hui seul l’Institut et le Refuge disposent des moyens nécessaires pour assurer une installation permanente. Le reste du monde a depuis longtemps abandonné le doux rêve de confort dont pouvaient jouir leurs ancêtres. Les nomades se regroupent alors en famille ou en tribu afin de tenter de survivre sur les Terres Désolées qui couvrent la majorité de la surface planétaire. Une existence éreintante, toujours aux aguets du danger.

Et si la vie sur Home n’était pas encore assez ardue, l’apparition des okuma posa le dernier clou sur le cercueil de l’espoir humain. Nul ne sait exactement comment sont apparus ces mutants grotesques. Beaucoup pointent du doigt l’Institut, qui aurait tenté de modifier génétiquement l’être humain pour le rendre plus résistant aux anomalies, avec moins de besoins nutritifs et une période de gestation plus courte. En effet, les okuma semblent s’adapter rapidement à la vie sur Home. Mais leur nature violente, leur tendance au cannibalisme et le taux de croissance alarmant de leur population en ont fait le premier prédateur de l’Homme. À ce jour, l’Institut dément formellement toute responsabilité : « L’Institut ne commet pas d’erreur ».

Plus étonnant encore, les okuma semblent avoir la capacité d’intégrer leur technologie grossière à leur métabolisme avec une étonnante facilité, leur chair ne rejetant que rarement un corps externe. Ils se servent alors de cette qualité pour modifier leur corps. Étirant les limites du concevable en d’improbables fusions de chairs et de métaux afin de perfectionner, toujours plus, la fonction de leur existence.

La race des okuma est difficile à comprendre et à cadrer. La nature volatile de leurs mutations peut rendre deux individus extrêmement différents. L’un peut posséder des jambes particulièrement longues, lui permettant d’atteindre des vitesses impressionnantes; tandis que l’autre peut être pourvu d’un bras démesuré, déséquilibrant sa physionomie et le rendant particulièrement malhabile. Certains okuma peuvent atteindre des tailles dont ne pourraient rêver les plus grands athlètes humains. Ils font alors la fierté de leur tribu, toujours au premier rang lors d’un affrontement. D’autres sont nommés “chétifs”, de petits okuma guères plus grands qu’un enfant, dont le caractère plus sociable que leurs pairs les poussent souvent à quitter leur tribu pour s’intégrer aux peuples plus civilisés. Les okuma forment un peuple chaotique qui ne semblent avoir pour point commun que leur passion pour la guerre. Tous cherchent à se faire un nom dans l’histoire sanglante de Home. Tous désirent rester dans les annales comme étant le chef de guerre qui aura rallié le plus de guerriers sous sa bannière et dont le nom ferra frémir ses ennemis, longtemps encore après sa mort glorieuse.

Sans nul besoin d’être reconnue ou officialisée par les hommes, la nation Raiders était née. Autant de clans et de tribus éparpillés sur le globe pour y semer la destruction. Autant de chefs et de tyrans dictant leur loi sur leur territoire, essayant d’en étirer les frontières jusqu’à ce qu’un guerrier plus méritant ne lui arrache la victoire. Et si les Okuma ont initié cette vie de massacres et de pillages, ils ne s’en réservent pas les lauriers : Le mot « race » n’a pas de traduction dans la langue des okuma. Humain, Kort, Vakuu. Tous sont invités à tenter de prendre de force une place dans le panthéon des légendes des Terres Désolées… pour peu qu’ils puissent survivre et prospérer dans le mode de vie frénétique et sanglant des Raiders.